mardi 29 janvier 2008

La nausée

Le RER a du retard. « Indéterminé » affichent les panneaux qui ne sont pas encore en grève. Auparavant il y a eu à subir 15 mn d’attente du bus, arrêt du bus à mi parcours : - « prenez celui de devant », puis blocage du 2e bus dans les embouteillages, renoncer au 2e bus pour rejoindre le métro, correspondance pour le RER.
La journée commence bien…
Elle ressent une sourde nausée, faite d’inquiétude indistincte, plutôt de l’anxiété. Peut être même est-ce de l’angoisse. Le retard. La peur d’abuser face à sa responsabilité dans le travail qui lui est confié. Un relent de culpabilité…
Mais elle sait bien que cette nausée vient de strates antérieures à ces petits tracas qui auraient dû être banals.
Toujours comme si du trop avait été absorbé, du trop de situations, de stress, de peurs, et que son organisme éprouvait le besoin d’expulser ce qu’il ne pouvait assimiler.
Alors, trop de quoi ? Trop de gravité, trop de scrupules. Pas assez de recul dans les situations…
Pourtant la journée de la veille a été assez bonne, apaisée. Presque… légère. Rare !
Non, cette nausée c’est de la béance de blessure, du rejet du trop de soucis, trop lourds à porter seule. Un rejet de l’immonde de sa vie. Trop difficile pour elle, un rejet de l’impuissance.

La nausée de la honte d’avoir tant de mal à… trop de choses.

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