Nous sommes constamment,
mais nous n’existons que quelquefois,
lorsqu’un véritable événement nous transforme. »
« J’écris pour ceux que cet écrit éveillera.
À quoi ? À ce pourquoi j’écris. »
Mon ami JP m'a appelée aujourd'hui comme il le fait presque quotidiennement ces derniers jours, m'arrachant à quelque activité hypnotique sur mon PC, errant dans un état cotonneux percé de petits repères essentiels, ou au mieux le nez dans un bouquin - dont je reparlerai sûrement - et qu'il m'a prêté d'ailleurs. Nous sommes contemporains de formation depuis 3 ans. Il avait envie de me parler de cette série de conférences qu'il suit sur la Daseinsgnanlyse à
L'envie m'est venue de fouiner ce soir dans mes notes prises lors d'un séminaire animé par Edith Blanquet, dans le cadre de Genesis (Site de l'IGPL où elle forme aussi les Gestalt-thérapeutes) : « La contrainte à l'existence, c'est la contrainte à l'impossible », « Les zones d'ombre en moi me ramènent à qui je deviens », « J'ai à m'attarder sur quel goût ça a, quand je ne me sens plus exister»...
J'avais presque oublié – mes amnésies ne sont pas toujours libératrices - que lors de cet atelier, je m'étais sentie en pays connu, enfin ! Comme un poisson qui, après avoir traîné une naissance au mauvais endroit, au mauvais moment, des années durant, dans tous les océans de la planète, aurait découvert son bon courant marin, et qu’enfin il y retrouvait ses congénères ! Femme aquatique éperdue qui s'est égarée dans tous les déserts, et trouve son oasis, sa petite flaque habitée de ceux de sa race : mes vertiges et mes incertitudes existentielles avaient déjà été visités ! Tous ces philosophes que je découvrais d'un coup d'un seul, avaient déjà élaboré à propos de ces abîmes de l'humain, et je supposais donc qu’ils les avaient traversés ?
Et je n’ai fait que les frôler encore !
C'était en septembre dernier. Depuis, le ciel m'était tombé sur la tête. Mais tout ce que j'ai du réviser de convictions et de croyances, de culpabilité et de regrets à abandonner, tous les renoncements auxquels j'ai dû travailler depuis, n'avaient pourtant pas été vains.
En même temps que la terre s’ouvrait un peu plus sous mes pieds, de ce chaos* sortait une ouverture que je n’aurais même pas osé imaginer, sur un monde de lecture et d’écriture, sur des rencontres d'une richesse apparemment illimitée, si j'accepte de me mettre au travail.
J'ai commencé hier à sortir d’une léthargie créatrice de plusieurs mois, reprendre le travail où je l’avais laissé, entre autres scanner des extraits de divers ouvrages empruntés et pas rendus (bien qu'étant responsable de la bibliothèque de l'école). Celui sur lequel je planchais ce matin, de Marc-André Bouchard, a pour titre : « De la phénoménologie à la psychanalyse ».
Il n’y a pas de hasards.
*Trouvé cette définition à propos du chaos : Dans la mythologie grecque, le Chaos (en grec ancien Χαος / Khaos, littéralement « Faille, Béance », du verbe χαινω / kainô, « béer, être grand ouvert ») est le tout énorme et indifférencié contenant toutes choses à venir.


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